Après avoir affirmé mercredi que « le sport ne sera pas prioritaire » pour le gouvernement, la ministre des Sports Roxana Maracineanu a voulu clarifier ses propos. La ministre des Sports Roxana Maracineanu a cherché à rassurer le monde sportif jeudi en assurant que sa reprise était « un sujet majeur », après avoir dit la veille qu’il « ne serait pas la priorité » du gouvernement.

Roxana Maracineanu

« Parmi tous les enjeux auxquels notre société fait face, évidemment la reprise du sport est un sujet majeur. J’y travaille quotidiennement depuis des semaines, mais la santé reste la priorité », a dit la ministre dans une série de tweets.

« Restons lucides et patients » « Reprendre le sport, les événements, ouvrir les clubs, faire repartir le secteur le plus vite et le mieux possible est ma préoccupation. La reprise du sport est essentielle pour que la vie reprenne, mais restons lucides et patients », a demandé l’ancienne nageuse.

La veille, elle avait averti sur Eurosport que nombre de compétitions ne pourraient se tenir qu'« à huis clos » ou « avec des restrictions très strictes » pour les spectateurs et que la reprise, en débat pour le football et le rugby notamment, « ne se ferait pas » s’il n’y avait pas suffisamment de masques et de tests à la sortie du confinement.

Elle avait aussi estimé qu’une annulation du Tour de France ou de Roland-Garros, reportés en septembre, « ne serait pas la fin du monde ». « Ce qui est certain, c’est que le sport ne sera pas prioritaire » dans le déconfinement et les décisions prises par le gouvernement, avait-elle ajouté. « Soyons raisonnables »

Réagissant à ses propos, les dirigeants du sport ont réaffirmé l’importance de leur secteur tout en voulant éviter de créer une polémique. « Que ce ne soit pas la priorité du pays dans l’état dans lequel on se trouve tant sanitairement qu’économiquement, ce n’est pas une surprise. Réunir 5 000 personnes dans une enceinte, on comprend que ce soit compliqué et qu’on ne puisse pas faire fi de toutes les contraintes sanitaires », a déclaré à l’AFP le directeur général de la Ligue nationale de handball Étienne Capon.

« Quand on voit qu'il y a encore 500 morts par jour, on reste raisonnable sur le reste (...) On va y aller pas à pas. Aujourd'hui, les Français ne savent même pas s'ils vont partir en vacances. Les fédérations ne peuvent pas se permettre de pousser au delà du raisonnable.

Soyons raisonnables », a de son côté souligné le président de la Fédération française d'équitation Serge Lecomte. Organisateur des 24 Heures Motos et des 24 Heures du Mans, reprogrammés respectivement fin août et en septembre, l'Automobile Club de l'Ouest a reconnu qu'il fallait « envisager toutes les situations ».

« Il serait irresponsable de ne pas se poser toutes les questions, d'envisager toutes les solutions, même celles qui ne sont pas d'actualité », a souligné son président Pierre Fillon. « Enjeu de santé publique »

Plus critique, Marc Madiot, président de la Ligue nationale de cyclisme, qui s’exprimait avant les précisions ministérielles de jeudi, s’était déclaré « surpris, et presque interloqué ». « J’ai du mal à comprendre que ça vienne du Ministère des Sports, qui est là pour défendre le sport. Le sport, c’est un acteur économique de poids. Il n’y a pas que les sportifs professionnels. Beaucoup de familles vivent du sport. Dans le cyclisme, ça concerne aussi les fabricants de cycles par exemple », a dit à l’AFP l’ancien vainqueur de Paris-Roubaix. Tous ont insisté pour que la pratique sportive, au-delà de celle des professionnels, soit rétablie pour le grand public.

Le président du Comité national olympique et sportif Denis Masseglia a notamment insisté sur son importance pour les plus jeunes. « Je pense qu’à partir du moment où l’école devrait reprendre petit à petit à partir du 11 mai, les associations qui jouent un rôle important en termes d’éducation vont aussi avoir un rôle important », a-t-il dit au micro de RMC. ++ Confinement. Plus de sport à l’école dès la reprise ? Plusieurs députés creusent cette piste…

Le président de la Fédération française de moto Jacques Bolle a lui souligné « l’enjeu de santé publique du sport, pratiqué par 16 millions de personnes dans des structures privées ou associatives » ainsi que « l’enjeu purement économique ».

Source: ouest france