Signatech-Alpine joue le titre demain au Castellet, en European Le Mans Series (ELMS)

Nelson Panciaitici, ici lors des 3 Heures d’Indianapolis, connaît parfaitement le tracé du circuit varois. Voilà qui pourrait servir les desseins de Signatech-Alpine.

Nelson Panciaitici, ici lors des 3 Heures d’Indianapolis, connaît parfaitement le tracé du circuit varois. Voilà qui pourrait servir les desseins de Signatech-Alpine.

Quinze jours après sa victoire en Hongrie, l’écurie berruyère, en pleine confiance, vise le titre. Pour gagner, il lui faut devancer sa rivale, Thiriet. Moteurs !

À la veille des 3 Heures du Castellet, l'ultime course de la saison, trois écuries peuvent encore prétendre au titre en European Le Mans Series (ELMS). Mais si le sacre de Zytech tiendrait du miracle, tous les espoirs sont permis aux deux teams français Thiriet et Signatech-Alpine, à égalité parfaite au classement général.

« Les gens de Thiriet seront presque à domicile au Castellet », explique Philippe Sinault, le boss de Signatech-Alpine. « C'est une petite structure, des spécialistes de l'ELMS. Comme nous, ce sont des bosseurs, de gros bagarreurs. On a beaucoup en commun. »

Écuries semblables,même voiture

À commencer par… la voiture. Les deux camps exploitent le même châssis Oreca, propulsé par le moteur Nissan Nismo. Se présenter en leaders ex aequo et à armes égales sur la dernière course, décisive, d'une saison est chose très rare en sport auto, hormis en formules monotypes. Seule différence : le proto Thiriet est chaussé par Dunlop là où la n° 36 des Berruyers roule en Michelin. « Ça peut faire pencher la balance », estime Philippe Sinault. « Le Castellet est un circuit très abrasif, le revêtement offre beaucoup de grip, mais dégrade énormément les gommes. La grande courbe de Signes, par exemple, sollicite au maximum le pneu avant gauche. »

Le circuit varois, décor idéal de cette palpitante finale franco-française, exigera donc des réglages bien spécifiques. « On y avait roulé avant la saison, en mars, lors d'une séance d'essais privés qui réunissait la totalité du plateau. On y avait établi les meilleurs temps, mais bon… Bien des choses ont eu lieu depuis. On va dire que c'était de bon augure. »

Depuis leur victoire début septembre, aux 3 Heures du Hungaroring, les personnels de Signatech-Alpine ont donné un énorme coup de collier dans leurs locaux du Parc Esprit. La voiture est prête comme elle ne l'a jamais été.

Panciatici en habitué

Les pilotes, Pierre Ragues et Nelson Panciatici, ont bouffé du simulateur à hautes doses. « Pierre connaît relativement peu le circuit », explique Philippe Sinault. « La dernière fois qu'on y a roulé en compétition, c'était en 2010, avec l'Aston Martin, en LMP1. Nelson, en revanche, y a effectué énormément de séances en catégorie GP2. Il connaît le tracé et ça, c'est un bon atout ! »

La journée de ce vendredi sera consacrée à valider les réglages du proto. « Au Castellet, le circuit est long (5,8 km NDLR) et ça va très très vite, surtout dans la grande ligne droite du Mistral. Il faut le minimum en matière d'appui aérodynamique, les réglages sont fins, délicats à doser… »

Mais l'avantage psychologique semble détenu par le camp berruyer. L'écurie arrivera dans le Var forte de deux deuxièmes places et de sa victoire hongroise. Dans la bonne aspiration, dirait-on dans le jargon des circuits.

Signatech a déjà gagné… son pari

« Quoi qu'il arrive », résume Philippe Sinault, « notre saison est d'ores et déjà réussie. À la limite, nous avions davantage de pression au départ de la manche hongroise, car on n'avait encore pas gagné, on avait seulement frôlé la victoire. En outre, le départ de Nicolas Tavares (l'ex-n°2 de Renault, grand promoteur du projet Signatech-Alpine, NDLR) nous avait mis, à la fin du mois d'août, dans une situation d'incertitude assez inconfortable. »

Mais tout ça est désormais loin dans le rétro. En l'espace d'un an, le team berruyer et ses partenaires ont, surtout, gagné un pari de folie : replacer Alpine, marque mythique du sport auto tricolore et mondial, dans le grand bain de la compétition au plus haut niveau. Le buzz ainsi généré a dépassé toutes les espérances. On a pu le mesurer aux 24 Heures du Mans où la n° 36 comptait ses supporters et ses sympathisants par milliers… sur la seule foi de son nom, Alpine. Un mot qui sonne comme une formule magique aux oreilles des passionnés du monde entier, trente-cinq ans après la légendaire victoire au Mans du tandem Pironi - Jaussaud, sur Renault-Alpine.

« Voilà pourquoi nous allons au Castellet sans pression, mais gonflés à bloc », conclut Philippe Sinault. « Avant la Hongrie, on avait traversé deux longs mois sans compétition. On est revenus à fond dans la saison ; désormais, c'est à fond jusqu'à ce samedi soir et au drapeau à damier ! »

Emmanuel Letreulle – Le Berry . fr